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Lecture de poèmes
lecture de poèmes. Cette lecture réunit trois poèmes extraits de Lueurs des ruines vives : Hymne à la Paix Lucide, La Petite Âme sous les Décombres et Là où dort ton nom. Trois textes pour dire la mémoire, la fragilité humaine et la persistance de la paix et de l’amour au cœur des ruines.
Hassan Yamin
1/18/20264 min read
Lire trois poèmes de Lueurs des ruines vives
La poésie ne vit pleinement que lorsqu’elle est partagée.
C’est dans cet esprit que j’ai souhaité ouvrir ici un espace de lecture, en proposant trois poèmes extraits de mon recueil Lueurs des ruines vives.
Ces textes sont offerts à la lecture libre, comme une invitation à entrer dans l’univers du livre, à en éprouver la langue, le rythme et les thèmes.
Poèmes en lecture libre
(Les textes ci-dessous sont reproduits avec l’autorisation de l’auteur. Toute reproduction sans accord est interdite.)
Poème I — Hymne à la Paix Lucide
Chantez, chantons la paix, remparts contre les orages,
Qui flotte, pâle encore, sur l’écume des jours,
Comme la chair effrayée au fond des carnages,
Comme un encens qu’emporte un vent d’amour.
Ô vous, peuples hagards, buveurs de poudre noire,
Dont l’âme a pour métier de fréquenter les morts,
Demandez à la paix son vertige illusoire,
Baiser mélancolique à l’abîme sans bords.
Dahomey, Paris, Sydney, villes aux veines sourdes,
Où l’on livre la jeunesse aux drapeaux en feu,
Écoutez, le choc des canons en onde lourde,
Le pas secret de paix qui chemine en ces lieux.
Pour les martyrs blessés, les pauvres sanglants,
Pour les fiers insoumis couchés sous l’horizon,
Que la paix soit un vin, amer dans les sillons,
Qui brûle le passé tout en dorant l’âpre prison.
Car la paix n’est pas mise aux foires infamantes,
Ni bijou de bazar qu’un trafic déshonore ;
C’est un astre lointain dont la clarté tourmente,
Un joyau sans écrin que l’avare ignore.
Elle a la sombre odeur des jardins en ruine,
Où l’ange exténué vient s’asseoir en rêvant ;
Elle a, comme l’absinthe, une morsure fine
Qui fait chanter la plaie au coeur du survivant.
Poème II — La Petite Âme sous les Décombres
Chante, ô frêle colombe, au coeur des noirs tonnerres,
Chante, bien que le ciel déverse ses éclairs ;
Demain, peut-être, un jour de paix naîtra des guerres,
Et les hommes, las du sang, reviendront à leur chair.
Alors, les vieux conflits sombreront dans l’oubli,
Perdus dans le passé comme un rêve effacé ;
Mais ce soir, sous le vent qu’enfante l’incendie,
Ton chant lutte à genoux contre un monde blessé.
Là-bas, au sable obscur qu’embrase la tempête,
Dans le désert sans fin où s’enlisent les pleurs,
Des enfants sans abri, sans souffle et sans retraite,
Offrent au ciel leur deuil et leur frère en douleur.
Je chante pour les innocents et les ombres absentes,
Pour les victimes brisées que la guerre écrase et domine,
Pour les coeurs innocents, pour les vies frémissantes
Que l’humanitude a trahies sous le feu et les ruines.
Ô ma douce colombe, en ton frisson de flamme,
Je sais que tes sanglots tempêtent contre l’arme ;
Ils roulent sur ta joue en flots brûlants de drame,
Et tombent sur les morts où s’éteint toute âme.
Tes larmes, en torrent, proclament ton malheur,
Ton deuil parle en secret malgré les vents farouches ;
Et j’écoute, en tremblant, ton cri chargé de peur,
Qui s’élève au désert, déchirant toutes bouches.
Pour que tu retrouves l’olivier calciné,
Pour que ton aile frôle un monde apaisé,
Il faut prier encore les cieux ensanglantés,
Et supplier l’amitié de renaître en beauté.
Je ne veux point de guerre, où s’égarent les hommes,
Ni de haine où le coeur consume ses raisons ;
Je veux l’aube où les mains, défiant le fatum,
Rassemblent les vivants dans la même maison.
Chante, ô frêle colombe, au bord du gouffre sombre,
Chante, bien que la bombe obscurcisse le grain ;
Un jour viendra peut-être où jaillira l’eau pure,
Et les peuples, unis, se prendront par la main.
(colle ici le poème intégral)
Poème III — Là où dort ton nom
Si le ciel, assombri, voile encore ton tombeau,
Je briserai la croix d’un silence sans nom,
Et la porterai loin des orages d’en-haut,
Par-delà les autans, les larmes et l’abandon.
Si nul rayon ne vient, après l’aube du matin,
Effleurer doucement le marbre de tes nuits,
J’irai, front découvert, combattre le destin,
Et redonner au vent ton nom que l’on oublie.
Si ton âme s’égare aux confins du silence,
Et que l’ombre du deuil me ronge patiemment,
Je viendrai, pèlerin des songes et souffrances,
T’offrir la paix promise au souffle du néant.
Si dans l’ombre éternelle où s’enlise la mort,
Ton élan se dissout, glacé par le sang,
Je prierai le Très-Haut d’éclaircir ton sort,
Et bénirai ta cendre au pur vent du Levant.
Et si Dieu, dans sa loi, ne permet aucun retour,
Je ferai de mes jours des cierges de mémoire,
Que chaque aurore pleure au nom de notre amour,
Et que la nuit s’incline aux marges de ta gloire.
Si la nuit noire vient hanter ta demeure,
Je veillerai les cieux sans sommeil ni clameur,
Pour que vive au ciel bleu la lueur de l’espoir,
Où tu fus dans mes bras loin des ombres du soir.
Et même s’il faut choir, me dévêtir du temps,
Offrir chair et trésor aux mystères du silence,
Je ferai de ton nom le serment de l'absence,
Et je rendrai la nuit à sa juste présence.
Si la mort t’impose un sommeil d’amertume,
Je n’attendrai pas qu’un zéphyr soit propice ;
Je dresserai ma voix, pleine de brume et d’écume,
Pour raviver le ciel d’une clarté complice.
🔗 Découvrir le livre
Si ces poèmes vous ont touché et que vous souhaitez prolonger la lecture,
le recueil Lueurs des ruines vives est disponible ici : https://editionslivres.com/book/lueurs-des-ruines-vives/
Pour conclure
La poésie est un lieu de passage, de partage et de lenteur.
J’espère que ces trois poèmes vous auront donné l’envie de poursuivre le chemin, livre en main.
Merci pour votre lecture.
— Hassan Yamin



